À qui profite la prime?

Le rituel est immuable: chaque année, c’est avec les dents serrées que nous apprenons que les coûts de la santé, et donc le montant des primes d’assurance-maladie, continuent à grimper. Pourrait-il en être autrement? Découvrez le contexte, les raisons de ces hausses, et comment agir pour endiguer le phénomène.

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L’augmentation des coûts de la santé et des primes ne tombe pas du ciel, mais découle de nombreux facteurs. Hélas, en tant qu’individus, nous n’avons que peu d’influence sur certains d’entre eux. En revanche, il existe des moyens concrets d’agir à votre échelle pour contribuer à réduire les coûts, et réaliser des économies en gérant vos primes au mieux.

Votre couverture a un prix

Dans le domaine de l'assurance maladie obligatoire, les assureurs-maladie doivent fixer leurs primes de sorte que leurs revenus (primes encaissées) couvrent leur dépenses (remboursement de leurs assurés). Ils sont également tenus de constituer une réserve légale (art. 60 LAMal), afin de couvrir les dépenses même dans le cas où celles-ci seraient supérieures aux prévisions. Enfin, les primes comprennent également une part réservée aux frais administratifs de l’assureur, pour qu’il puisse fournir ses services de manière rapide et efficace. Cette dernière part est cependant très modeste: seul 5% du montant des primes sert à couvrir les coûts de fonctionnement internes, qui couvrent aussi bien les frais de gestion et l’informatique que les salaires.

L’écrasante majorité des dépenses des assureurs sert donc à couvrir le coût des fournisseurs de prestations. Le montant des primes augmente parce qu’il suit l’évolution des coûts liés aux médecins, aux hôpitaux, aux médicaments et aux autres services médicaux.

Comme le montre le graphique, les primes sont en phase avec les dépenses de santé. En revanche, les coûts administratifs des assureurs maladie sont stables depuis des années.

La médecine comme un supermarché?

Les raisons de l’augmentation constante des coûts des soins de santé sont aussi multiples et variées que peuvent l’être les patients, médecins, soignants ou assureurs. Bien qu’ils puissent parfois être conflictuels, leurs intérêts respectifs convergent. Voici quelques-unes des raisons principales:

  • Le progrès scientifique et technique
    Naturellement, cette évolution est largement perçue comme positive: l’évolution de la médecine sauve quotidiennement des vies, et permet à des milliers de patients de vivre un quotidien plus agréable. Cependant, les équipements de pointe sont très onéreux, et le progrès technique occasionne des coûts supplémentaires.
  • L’accroissement de l’offre
    De nouveaux cabinets médicaux ouvrent leurs portes dans des zones auparavant mal desservies. Les hôpitaux accroissent leur capacité, et de nouveaux médicaments et méthodes thérapeutiques font leur apparition. Cette évolution est une bénédiction pour beaucoup de patient, mais elle a un impact sur les coûts. En effet, on observe qu’un accroissement de l’offre a tendance à augmenter la demande.
  • Le vieillissement de la population
    Grâce à des soins médicaux toujours plus efficaces, l’espérance de vie ne cesse d’augmenter. Or, si un assuré moyen coûte CHF 3'500.- par an, un assuré de plus de 85 ans coûte, lui, environ CHF 11'000.-. Une population plus âgée entraîne inévitable une augmentation des coûts.
  • La surconsommation
    Nous pouvons aisément le constater lors de nos achats quotidiens: lorsqu’une offre considérable et attrayante est disponible, la tentation d’acheter plus que ce dont nous avons véritablement besoin est grande. Ceci est également vrai concernant l’offre médicale. Contrairement aux raisons précédentes, sur lesquelles un individu n’a que peu d’influence, vous êtes maître de votre consommation et pouvez décider librement! Notre rubrique consacrée au programme Choosing Wisely regorge de conseils utiles pour devenir acteur de votre santé, faire les bons choix et éviter les traitements superflus.

Que pouvez-vous faire?

Aucun d’entre nous n’a le pouvoir d’enrayer à lui seul la hausse des coûts de la santé. Cependant, nous pouvons tous agir à notre échelle, ne serait-ce que dans notre propre intérêt!

  • Réaliser des économies
    Chacun peut prescrire un régime amincissant à sa prime, en agissant sur sa franchise ou sur son modèle d’assurance. Notre guide de l’assuré regorge d’astuces et constitue un excellent point de départ.
  • Choisir judicieusement
    Privilégier les médicaments génériques, poser les bonnes questions avant un examen médical, solliciter une deuxième opinion avant un traitement… autant que de façon de lutter contre les coûts superflus! Vous trouverez de nombreuses autres pistes dans notre rubrique Choosing Wisely.

Les Appenzellois sont-ils en meilleure santé?

Comme on peut s’y attendre au sein de notre système fédéral, les coûts moyens par assuré – et donc les primes- varient énormément d’un canton à l’autre. Et ceci n’est pas dû à une inégalité face à la maladie. Les différences démographiques, et le nombre de médecins et de lits disponibles dans chaque canton jouent un grand rôle. Plus ces derniers sont bas, plus les coûts et les primes sont basses. Un réseau local de soin complet a son prix!